mercredi, février 12 2020

Le Grand Bissexte

Alors comme ça, l'ennemi puissant tapi dans l'ombre évoqué par Rocco ne serait autre que le Bissexte lui-même ? Quel retournement de perspective…
Mais alors, ne vaut-il pas mieux resté couché ce jour-là, pour éviter toute mauvaise rencontre ? Oui, décidément, le 29 février férié est une mesure de prudence salutaire.

Ce mauvais génie berrichon est évoqué en 1866 par George Sand, dont le fils Maurice a peint l'inquiétant tableau ci-dessus.

Un de mes compatriotes berrichons, M. Laisnel de la Salle, a publié dans ces derniers temps (dans le Moniteur de l'Indre) une série d'excellents articles, qui, réunis en volume, constitueront une histoire spéciale de cette face de la vie rustique et prolétaire : les Traditions, Préjugés, Dictons et Locutions populaires de nos localités. (…) Nous avons trouvé avec plaisir, dans un des chapitres de ce livre, une mention explicative du grand Bissêtre, dont nous avions beaucoup entendu parler sans pouvoir deviner son origine, bien simple cependant. (…) Aux environs de la Châtre, dit notre auteur, le peuple croit qu'une sorte de génie malfaisant (qu'il appelle le grand Bissêtre) préside aux événements qui ont lieu dans les années bissextiles. On dit que, lorsqu'une femme accouche dans l'année où le Bissêtre saute elle met immanquablement au monde une fille ou deux jumeaux, et reste sept ans sans avoir d'enfants.

 

«À Dijon, en ces sortes d'années,» dit la Monnoye, «le vulgaire pense que Bissêtre cor (court), et qu'ainsi on ne doit rien entreprendre d'important.»

«Bissêtre est donc un vieux mot dérivé de Bissexte, et était synonyme de malheur, infortune.

«Pour ce que Bissextre eschiet, L'an en sera tout desbauchiet.» (Molinet. - Le Calendrier.)

«Cette année était bissextile, et le Bissexte tomba de fait sur les traîtres.» (Orderic Vital, lib. XIII.)

«La mauvaise influence de l'année bissextile était proverbiale au moyen âge. Cette superstition remonte aux Romains. - Voyez Macrobe.» (Génin, Lexique comparé.)

«Bissêtre signifie aussi, dans notre patois, enfant vif et turbulent, enfant terrible.»

Dans certaines campagnes, le Bissêtre, et c'est ce qui nous avait empêché de songer à l'année bissextile, n'est pas obligé de courir à certaines époques. Il court les champs, les étangs, les marécages, d'où il fait sortir les pestilences et mauvaises fièvres.

lundi, septembre 28 2015

L'éclipse de Colomb

Les moins flemmards d'entre nous ont eu le plaisir d'assister cette nuit à un évènement assez rare : une éclipse totale de lune. Phénomène bien connu, il n'effraie plus personne aujourd'hui. Mais au début du 16e siècle, aux Antilles, il pouvait apparaître comme la manifestation d'une certaine mauvaise humeur divine. Et permettre ainsi à un navigateur bien informé des péripéties célestes d'enfumer des indigènes récalcitrants.

Lors d'un énième voyage vers l'Amérique, Christophe Colomb échoua en Jamaïque, coincé par de grosses réparations à effectuer. Ses relations avec la population locale s'étant quelque peu détériorées suite aux exactions de quelques marins turbulents, il se retrouva à court de vivres, sans pouvoir obtenir de secours de locaux échaudés par leur mauvaises manières. Grand amateur de BD, il se souvint alors du stratagème de Tintin dans "Le Temple du Soleil", et conçut un plan approchant pour convaincre les indigènes de leur fournir de quoi subsister. Il convoqua leur chef en soirée, et déclara que son Dieu était particulièrement contrarié par la mauvaise volonté des jamaïcains, et qu'il confisquerait la lune en représailles. Ce qui advint en direct (Colomb avait un excellent calendrier).

Affolement général, supplications des indigènes, Colomb consent à convaincre son Dieu de rendre l'objet céleste en échange d'une promesse d'open bar. Le tour était joué.

Pour le détail de l'opération, vous pouvez lire cet article du Blog de M. Luminet.

Ah oui, pourquoi je vous parle de ça ?

Ça s'est passé le 29 février 1504. De là à parler d'un soutien du ml2902 aux puissances coloniales, c'est un débat douloureux dans lequel nous ne rentrerons pas. Même si, tôt ou tard, un devoir de mémoire sur ce passé trouble s'imposera.

jeudi, janvier 24 2008

La genèse du ML2902

Le Mouvement de libération du 29 février est né en janvier 2004, suscité par la décision arbitraire du gouvernement de l'époque de rafler le produit d'une journée habituellement fériée à des fins pseudo-caritatives. Voici le tract de l’époque :
Tract2004.png
BA2004.jpg
derniereminute.png

La mobilisation resta relativement confidentielle, malgré un premier congrès général qui réunit pas loin d’une centaine de participants hautement motivés. Voici la conclusion du bilan qui en fut dressé :

« Le retentissement de ce meeting a d'ores et déjà ébranlé les bases du Pouvoir. Le 29/02/2004 fera date dans l'Histoire de notre combat. Tous, oui, tous vous direz un jour à vos arrière-petits enfants : j'en étais. Car notre lutte s'inscrit dans la durée. Oh, que non, il ne s'agit pas d'un feu de paille, mais de l'amorce d'un brasier qui consumera les certitudes de nos classes dirigeantes, jusqu'à l'avènement de notre Graal : le 29 février libéré.

Car il été meurtri, notre 29 février, outragé, même, comme qui dirait. Mais ces meurtrissures et ces outrages appartiendront bientôt à un passé révolu, grace à votre ardeur militante, votre courage indomptable et votre ténacité inflexible.

Chacun, chacune, doit retourner maintenant à sa vie civile. Telle une armée de l'ombre, vous vaquerez à vos occupations sociales, dissimulant sous le boisseau vos convictions profondes, mais prêts à tout instant à vous lever au Signal.

Tenez vous prêts. D'autres actions suivront bientôt. Ou plus tard. On verra. »

4 ans plus tard, ce réseau dormant est réveillé pour poursuivre le combat.