Mais en quoi la Saint Valentin concerne-t-elle le ML29/02 ? J'entends gronder le chœur de nos militants, inquiets de la dérive sentimentale de l'organe du Mouvement.

Et bien, sachez d'abord qu'en chaque activiste bat un cœur, aussi prompt à s'enflammer pour une juste cause qu'un(e) camarade de section. Mélenchon lui-même, dont nous attendons toujours la réponse sur la fériétisation du 29 février, n'a-t-il pas déclaré qu'il écrirait un jour des romans d'amour ?

Ensuite, et c'est la vraie raison, il existe une ancienne coutume irlandaise, concurrente de la Saint Valentin, dont je me devais de vous informer. Le 29 février est en effet le jour où est accordé aux femmes célibataires le droit de demander la main de l'homme de leur choix. Si celui-ci refuse, il se doit alors d'offrir à l'éconduite 12 paires de gants, censés dissimuler l'embarrassante absence de bague au doigt. Ringard, me direz-vous, à notre époque où les femmes ont pris depuis lurette la direction des affaires sentimentales… Certes, mais pas plus que de célébrer la St Valentin.

Cette vieille tradition irlandaise a donné l'argument de départ d'une comédie américaine bêtement sortie en 2010 (même pas bissextile), "Leap Year", "Donne-moi ta main" en français —le lien avec le bissexte m'avait du coup échappé à l'époque. Le film est d'un intérêt relatif, mais vaguement amusant tout de même (privilégiez la VO). Un film tourné dans les paysages irlandais ne peut de toutes façons pas être complétement mauvais.

Au chapitre des croyances saugrenues, sachez également qu'il est considéré en Écosse que naître un 29 février porte malheur (c'est sûr que c'est pas de bol pour les cadeaux d'anniversaire), et les grecs déconseillent quant à eux de se marier pendant une année bissextile, tout particulièrement le 29 février, comme on s'en doute. Mais qu'en pensent les Chinois, pour lesquels l'année du Dragon, pourtant bissextile, est chaudement recommandée pour les noces et la procréation ? On le voit, les traditions populaires du monde s'entrechoquent… Comment, dans ces conditions, espérer parvenir à une mondialisation apaisée, si ce n'est en accordant à tous un jour férié commun ?

Quoi qu'il en soit, j'embrasse tendrement ma choupinette, aujourd'hui comme hier et demain, et comme les 366 jours de cette année à rallonge. Et une grosse bise à Rocco pour son illustration.